En marche vers la marchandisation de la santé

Les professionnels des centres de santé vous alertent
Les centres de santé constituent une offre de soins et de prévention respectant les tarifs de la sécurité sociale et accessible en tiers payant. Ils sont gérés par des collectivités territoriales, des associations, des mutuelles, des hôpitaux publics, et des hôpitaux privés à but non lucratif.
La Loi Bachelot avait introduit la possibilité pour une clinique privée de gérer un centre de santé, soulevant les vives protestations des représentants des professionnels des centres de santé. En pratique, cette disposition était restée sans effet.
Le gouvernement a décidé de modifier la Loi régissant les centres de santé pour faciliter l’entrée du privé lucratif dans le secteur des centres de santé. C’est ainsi que les textes transmis aux partenaires en vue de l’ultime réunion de concertation ministérielle prévoient deux dispositions nouvelles :
la loi va mentionner explicitement les cliniques privées « à but lucratif » parmi les gestionnaires autorisés à gérer un centre de santé
la loi va autoriser des réseaux de cliniques commerciales à gérer des centres de santé sous forme de SCIC dont elles pourront détenir en pratique jusqu’à 50 % des droits de vote, et 99,99 % des actions, les bénéfices du centre de santé étant dans les faits dévolus à la clinique qui pourra librement en disposer.
Les professionnels des centres de santé, bien seuls dans leur combat, ont de tout temps dénoncé les dérives financières de certains centres de santé dont l’illustration la plus dramatique a été fournie par l’affaire Dentexia. On peut se poser légitimement la question : le gouvernement en a-t-il tiré les leçons ?
La décision gouvernementale ne va pas dans le bon sens. Les professionnels des centres de santé dénoncent l’ouverture programmée du secteur de la médecine de ville et de la chirurgie dentaire au secteur financier industrialisé.
Le précédent de la biologie médicale, livrée aux grands groupes financiers y compris internationaux, est présent à l’esprit de tous pour éclairer sur les intentions gouvernementales.
Les centres de santé, en tiers payant et aux tarifs conventionnés, seront ainsi le plus court chemin vers les entreprises à dépassements tarifaires, les textes prévoyant même, humour involontaire, que la chose devra avoir été notée soigneusement dans le dossier médical du patient.
Le médecins et chirurgiens dentistes de centres de santé alertent solennellement la population et leurs confrères sur la marchandisation de la santé entreprise par le gouvernement

Non à la dérive mercantile des soins
Non à la captation des patients dans des filières de soins lucratives
Oui à la sécurité sociale solidaire et au libre choix